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C.J.A : des jeunes à aider

Une bonne idée qui patine faute de moyens

L'idée est partie comme ça, tout simplement : Abdelkader Kechad et Abdelmadjid Belrachid ont organisé une sortie pour les enfants à Saint-Donat au mois d'août 1997. Le succès à dépassé leurs espérances. Quarante enfants ont fait le déplacement, une réussite inespérée qui leur a fait toucher du doigt qu'il y avait là un besoin à combler. Puis de fil en aiguille, le projet a germé. C'est comme cela que le Cercle des Jeunes Algériens (C.J.A) a vu le jour le 1er juin 1998 qui correspond à l'année international de l'enfance. Mourad Mohand Saïd, le président, est conseiller aux services socio-économiques de l'Université de Montréal. Ses enfants - trois - sont dans le C.J.A et il connaît les deux versants du problème : "Imaginez combien d'enfants qui aimeraient participer à une sortie, prendre le bus, se faire des amis, s'amuser et rentrer à la maison contents". Le C.J.A veut donner des repères aux enfants, les consolider dans leur culture, les aider à s'intégrer dans leur nouveau pays d'accueil. Tout un programme pour lequel les moyens font cruellement défaut. Jusqu'à aujourd'hui, le C.J.A ne dispose pas de local, n'a jamais perçu aucune subvention. Les réunions se déroulent au "siège social", comme disent les membres par dérision quand ils se donnent rendez-vous au Commensal de Côte-des-Neiges et leur bureaux, tout entiers, sont contenus dans leur "sac", le cartable dans lequel ils rangent leurs dossiers.

Le besoin est encore là et il ne demande qu'a être comblé. Mais les moyens ne suivent pas malgré toute la bonne volonté des uns et des autres. Les irritants sont devenus tels qu'une cheville ouvrière comme Abdelkader Kechad a rendu le tablier, excédé par l'accumulation des problèmes. Mourad Mohand-Saïd également a songé, à ce moment, à démissionner mais l'habitude a repris le dessus et, surtout, pourquoi pénaliser des enfants qui ne s'intéressent pas spécialement à ces problèmes de logistique et d'intendance. Des enfants comme Cérine et Djallal- Eddine Maldji, respectivement 7 ans et 10 ans, qui voient encore la vie en rose. Cérine en trois phrases résume ce que représente pour elle le C.J.A. Cette adhérente de la première heure est contente : "Je m'amuse beaucoup, j'aime rencontrer des copains et des copines et tout cela me fait de bons souvenirs pour plus tard". Son frère ne dit pas autre chose : "J'aime quand on se retrouve entre Algériens et j'attend chaque sortie avec impatience". Ces rencontres sont organisées à chaque occasion propice : cabane à sucre, ski de fond, glissades d'eau, Aïd, Mouloud, etc… Au bout du compte, s'instruire et s'amuser font jonction plusieurs fois par an. Les parents, eux-mêmes, s'impliquent fortement parce que leurs enfants sont la raison d'exister du C.J.A. Hakim Maldji, le père, ancien champion d'Algérie de judo dans les années 80, en plus de ses activités professionnelles - il est professeur de judo dans un collège privé et a une boite d'inspection en bâtiment - trouve du temps à consacrer au C.J.A. Mourad Mohand-Saïd, entre Montréal et Ottawa, est au four et au moulin. Toutes les énergies sont tendues pour résoudre les problèmes qui empêchent le C.J.A de prendre la place qui lui revient. À la recherche d'un second souffle, le C.J.A doit réorganiser son conseil exécutif, trouver dix personnes dévouées, répartir équitablement les tâches, déterminer qui fait quoi. Tout un travail auquel le C.J.A veut s'atteler sans tarder.

C.J.A : Tél. : (xxx) xxx.xxxx

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